Le médecin voulait être mère à tout prix

Fariza a été condamnée à deux ans de prison dont quatre mois ferme pour l’enlèvement d’un bébé à la maternité de Montfermeil et une tentative à Paris en 2005.

Aujourd'hui, Fariza a deux enfants. Elle qui se pensait stérile, elle qui voulait être mère à tout prix, quitte à kidnapper des bébés pour satisfaire son besoin compulsif de maternité, a bien du mal à regarder la femme qu’elle fut, quatre ans plus tôt. Et à expliquer ses gestes fous.
Fine et brune, un joli visage poupin, elle sanglote derrière ses lunettes, tripote nerveusement le nounours en peluche au bout duquel pend une clef de voiture.
Cherche fébrilement ses mouchoirs en papier au fond de la petite sacoche qu’elle porte en bandoulière. Devant la 15e chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui la jugeait hier pour l’enlèvement de Célia, un nouveau-né de 2 jours à la maternité de Montfermeil le 1er septembre 2005, et la tentative de kidnapping de Délia, 4 mois, au magasin Tati du boulevard Barbès (XVIIIe), trois semaines plus tard, ce brillant médecin urgentiste de 43 ans n’est plus qu’une petite fille en larmes qui avoue, entre deux sanglots, avoir commis « l’irréparable ». Elle a été condamnée à deux ans de prison dont quatre mois ferme.

Piégée par ses mensonges

« J’avais un tel désir d’enfant, murmure-t-elle, que j’ai fini par totalement perdre pied. Au point d’acheter des objets pour bébé de manière compulsive. » Au point, aussi, d’aménager une chambre d’enfant complète, d’acquérir siège auto et poussette, de feindre une grossesse puis un accouchement : au mois de septembre 2005, l’entourage professionnel de Fariza pense que la jeune femme vient d’accoucher prématurément d’une petite Inès, qui se trouve en couveuse dans un hôpital parisien. Tout est faux, mais le médecin est piégé par son propre mensonge : « Elle a elle-même mis en place un engrenage dont elle ne pouvait sortir », souligne le substitut du procureur. Alors Fariza kidnappe Célia à la maternité, puis l’abandonne vingt-quatre heures plus tard sous un porche d’immeuble. Quelques semaines plus tard, elle tente « d’acheter un enfant à des gens du voyage », se fait escroquer de 5 000 €… et s’empare de Délia, qui dormait dans sa poussette, chez Tati. C’est un vigile du magasin qui parviendra à stopper son geste fou et permettra son interpellation.
« Avez-vous pensé au désarroi des mères de ces enfants ? » interroge la présidente. « Oui, j’étais égoïste », concède Fariza. Les mamans ne sont pas venues au tribunal, mais le médecin se souvient de la détresse des parents de Célia, arrachée à son berceau dès sa naissance : « C’est en les voyant au journal télévisé que j’ai décidé de la rendre, soupire-t-elle. Aujourd’hui,j’ai mes enfants. Si je ne les avais pas, je ne serais plus en vie aujourd’hui. » Fariza est retournée hier soir, libre, auprès d’eux : elle a déjà accompli en détention provisoire la peine de quatre mois qui vient de lui être infligée.


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