Un supermarché du crack aux portes de Paris

Le crack a franchi le périphérique. Jusque-là cantonné dans certains quartiers nord de Paris, à Stalingrad, Château-Rouge et porte de la Chapelle, ce puissant dérivé de la cocaïne a investi la banlieue nord après le « nettoyage » des squats parisiens des XVIIIe et XIXe arrondissements parisiens. En moins de deux ans, le quartier de la gare à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), idéalement situé à cinq minutes de la gare du Nord, dix minutes de Châtelet et terminus du tramway T1, est devenu la capitale du crack en Ile-de-France. Chaque jour, près de trois cents usagers viennent s’y approvisionner. Les riverains excédés La vente se fait au vu et au su de tous, sur le parvis de la gare, le long des berges du canal, dans les rues, partout. Jusqu’à leur démantèlement en janvier et en mars, la ville abritait également deux « crack houses », ces maisons du crack où l’on fabrique, achète et consomme sur place. Excédés, les 20 000 habitants de ce quartier où les pires taudis côtoient des friches en rénovation et de rares immeubles haussmanniens fustigent la municipalité communiste, accusée d’avoir « laissé le quartier à l’abandon » et en appellent désormais à l’Etat. « Notre quartier est une zone de non-droit », tancent les riverains. En juillet, l’agression de deux agents de propreté, qui ont fait valoir avec leurs collègues leur droit de retrait pendant une semaine, a eu l’effet d’un électrochoc. Désormais, une cellule de crise réunit toutes les semaines ou les deux semaines, la préfecture, la ville, la SNCF, la police et la Ddass. Acculée par les habitants, la mairie, jusque-là farouchement hostile à la vidéosurveillance, a autorisé la SNCF à installer des caméras sur le parvis de la gare. Le 19 août, pour la première fois, une importante opération policière de sécurisation a été menée dans le quartier avec l’aide d’effectifs parisiens et quatre cafés et restaurants sont sous le coup d’une demande de fermeture administrative. Cela suffira-t-il ? Les habitants en doutent vraiment et certains, épuisés par deux ans de « vaines réunions de quartier », ne songent plus, comme Delphine* qui a mis en vente son appartement, qu’à « quitter au plus vite Saint-Denis et le 93 pour un endroit civilisé ». *Le prénom a été modifié. Le Parisien


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